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22 Jan

Contrecoups _ Nathan Filer

Publié par Van Cvem Djr  - Catégories :  #Littérature anglaise, #Maladie, #Drame, #Famille, #Roman, #Solitude, #Emotions, #Enfance

Contrecoups _ Nathan Filer
Contrecoups _ Nathan Filer

Quatrième de couverture :

« Je vais vous raconter ce qui s’était passé, parce que ce sera l’occasion de vous présenter mon frère. Il s’appelle Simon. Je pense que vous allez l’aimer. Vraiment. Mais d’ici quelques pages il sera mort. Et, après ça, il n’a plus jamais été le même. »
 

Matthew a 19 ans, et c’est un jeune homme hanté. Par la mort de son grand frère, dix ans auparavant. Par la culpabilité. Par la voix de Simon qu’il entend partout, tout le temps…

Matthew a 19 ans et il souffre de schizophrénie, une maladie qui « ressemble à un serpent ». Pour comprendre son passé et s’en libérer, Matthew dessine, écrit. Il raconte l’enfance étouffée par la perte, la douleur silencieuse de ses parents ; l’adolescence ingrate brouillée par les nuages de marijuana ; la lente descente dans la folie, l’internement… Mais aussi, avec un humour mordant, le quotidien parfois absurde et toujours répétitif de l’hôpital psychiatrique, les soignants débordés, l’ennui abyssal… Et le combat sans cesse renouvelé pour apprivoiser la maladie, et trouver enfin sa place dans le monde.

 

Mon avis :

C'est une lecture vraiment très particulière que je viens d'achever. Je sors pour ainsi dire d'un cerveau rongé par la schizophrénie. Et c'est assez déstabilisant.
J'avais une réelle envie de lire ce livre, j'attendais patiemment de le trouver sous format epub en téléchargement illégal. Parce que je n'étais pas sûre, vous comprenez? Quand on est aussi difficile que moi en matière de récits, et en même temps si facilement charmé par une couverture ou un titre, on se méfie. On a tendance à devenir un peu rat. Donc je lis piraté et j'achète mes coups de coeur, comme ça pas d'argent fichu en l'air.
Bref, revenons-en à nos fourmis. Celles qui grouillent dans la tête de Matt et lui font construire un terrarium gigantesque pour son frère trisomique décédé 10 ans plus tôt..
C'est un récit vraiment très bordélique, à l'image de son narrateur. On adhère ou pas. J'ai eu quelque moment de relache, mais je ne l'ai pas quitté. J'ai adhéré. On passe du passé à la réalité du présent, ou à l'absence du rêve, parfois on ne sait plus très bien où se situent les frontières de Matt, et lui non plus.
Les personnages sont extrêmement touchants. C'est un roman original qui ne verse jamais dans le pathos, ce qui est relativement rare quand il est question de maladie.
Avec ses mots emmelés, Matthew nous dépeint son quotidien en tant que patient interne d'une unité psychiatrique, puis en tant que "prestataire" d'un centre de soins psychiatriques de jour. Comme il le dit lui-même c'est une tranche de vie, parce que sa maladie ne le quittera jamais.
Cette tranche de vie, elle évoque le deuil, la maladie, bien sûr, et l'amour surtout.
L'amour fraternel est partout. Il transpire par tous les pores de la peau de Matt. Quand il voit son frère dans le feu des bougies, dans les rayons du soleil, sous son lit, au bord d'une falaise, l'amour est partout.

 

Contrecoups _ Nathan Filer

On a tous en nous un mur qui sépare les rêves de la réalité, mais le mien est fissuré. En se tortillant, en se faisant tout petits, les rêves arrivent à passer au travers jusqu’à ce que je ne puisse plus bien faire la différence.

Un petit être qui braille et qui gigote

BONJOUR, je m'appelle votre potentiel. Mais vous pouvez m'appeler inexploité. Je suis les occasions manquées. Je suis les attentes à jamais déçues. Je passe mon temps à vous narguer, malgré tous vos efforts, malgré tous vos espoirs.

Faites comme chez vous

Je crois qu’il existe une date de péremption quand il s’agit de mettre sur le dos de ses parents le fait qu’on soit abîmé par la vie.

Cet adieu, ce dernier adieu

Le pire, dans cette maladie, ce n’est pas ce qu’elle me fait croire ni ce qu’elle me fait faire. Ce n’est pas l’emprise qu’elle a sur moi, ni même l’emprise qu’elle autorise les autres à avoir.

Le pire de tout, c’est qu’elle m’a rendu égoïste.

La maladie mentale nous replie sur nous-mêmes. C’est mon avis. Elle fait de nous les prisonniers à vie de la douleur qui occupe nos têtes, tout comme la douleur d’une jambe brisée ou d’un pouce entaillé accapare l’attention et s’y cramponne au point que la jambe ou le pouce valides cessent d’exister.

Je suis coincé, replié sur moi même.

Cet adieu, ce dernier adieu

Commenter cet article

Echappee-litteraire 24/04/2015 17:48

J'ai beaucoup aimé ce livre ! :)

Léa Touch Book 26/01/2015 20:45

J'ai adoré et dévoré ce livre :)

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