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13 Feb

Le sang des promesses Tomes 1 & 2 _ Wajdi Mouawad

Publié par Van Cvem Djr  - Catégories :  #Littérature libanaise, #Théâtre, #Guerre, #Violence, #Voyage, #Viol, #Initiation, #Famille, #Coup de coeur

Le sang des promesses Tomes 1 & 2 _ Wajdi Mouawad
Le sang des promesses Tomes 1 & 2 _ Wajdi Mouawad
Le sang des promesses Tomes 1 & 2 _ Wajdi Mouawad

LITTORAL

 

INCENDIES

 

Littoral, Incendies... Deux premiers volets du cycle Le sang des promesses, tétralogie de l'hyperviolence, de la psychogénéalogie corrosive, où des personnages torturés -hantés par des colères congénitales et des incertitudes anxiogènes- se lancent dans des voyages initiatiques à travers des terres ravagées par la guerre, et le silence, portant sur leurs dos (au sens propre comme au figuré) le poids des origines et l'héritage trouble de leurs parents.
De brefs moments de théâtre à l'état brut, où les images et les mots crus se faufilent droit vers votre coeur pour vous marquer au fer.
Une plume acérée comme des serres, dont je ne me lasserai jamais, et qui restera mon coup de coeur théâtral (au point que j'aurais vu Littoral à deux reprises, dans des mises en scène différentes).
A lire absolument pour contempler le talent pur d'un auteur libanais dans la fleur de l'art.

Le sang des promesses Tomes 1 & 2 _ Wajdi Mouawad

LE CHEVALIER. Quand tu étais petit, nous combattions les monstres cachés dans le couloir qui menait à la cuisine, quand, en pleine nuit, tu te levais pour aller boire un verre d'eau. Un monstre, c'est gros, c'est laid, c'est facile à combattre et nous sortions toujours vainqueurs. Aujourd'hui je suis un chevalier fatigué qui ne sait plus contre quoi il doit cogner son épée. Tu as grandi, Wilfrid, et les monstres sont devenus beaucoup trop forts. Mon épée ne suffit plus à te réconforter.

Littoral

Écoutez la colère de la jeunesse qui fera de vous les vaincus des vaincus. La jeunesse est en colère contre vous. Elle part et avec elle le soleil.

Littoral

VOIX DE WAHAB. Ecoute-moi, Nawal. Je n'ai pas beaucoup de temps. A l'aube on m'emmène loin d'ici et loin de toi. Je reviens du rocher aux arbres blancs. J'ai dit Adieu au lieu de mon enfance et mon enfance est pleine de toi, Nawal. Nawal, ce soir, l'enfance est un couteau que l'on vient de me planter dans la gorge. A jamais j'aurai le goût de ton propre sang. Je voulais te le dire. Je voulais te dire que cette nuit, mon cœur est plein d'amour, il va exploser . Partout on me dit que je t'aime trop; moi, je ne sais pas ce que ça veut dire aimer trop, je ne sais pas ce que ça veut dire être loin de toi, je ne sais pas ce que ça veut dire quand tu n'es plus là. Je devrais réapprendre à vivre sans toi. Je comprends maintenant ce que tu as voulu dire quand tu m'as demandé : "Où serons-nous dans cinquante ans?" Je ne sais pas. Mais partout où je serai, tu y seras. Nous rêvions de regarder l'océan ensemble. Eh bien, Nawal, je te le dis, je te le jure, le jour où je le verrai, le mot océan explosera dans ta tête et tu éclateras en sanglots car tu sauras alors que je pense à toi. Peu importe où je serai, nous serons ensemble. Il n'y a rien de plus beau que d'être ensemble

Incendies

NAWAL. [...] Il n'y a plus de temps. Le temps est une poule à qui on a tranché la tête, le temps court comme un fou, à droite à gauche, et de son cou décapité, le sang nous inonde et nous noie.

Incendies

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